L’ISLAM ET LES REVOLTES


Islam

Islam (Photo credit: Wikipedia)

Après avoir souvent traité le thème de l’islam et de son rôle dans le cadre des révoltes récentes, je me sens obligé de clôturer cette trilogie  en approfondissant les raisons de fond qui, à mon avis,  ont favori les islamistes  au lieu des formations démocratiques dans les différents pays concernés.

En premier lieu les conditions économiques des populations de l’Afrique du Nord  se sont empirées ultérieurement, déterminant l’éclat social abouti dans la révolte tunisienne et ensuite ailleurs. Les énormes disparités  presentes dans la structure sociale, ont contribué sans aucun doute à amplifier le mécontentement . 
La pyramide sociale ,en termes des classes d’âge, est totalement renversée par rapport à l’européenne. Les jeunes gens dans ces pays constituent la majorité absolue de la population et même plus.  Plus que la moitié se trouvent sens emploi. Il s’agit là, très souvent, de chômage intellectuel, difficile à absorber. Une jeunesse sans futur qui vit au quotidien un désarroi permanent. 
 
Il faut aussi souligner qu’aucun pays arabe a ,jusqu’à présent ,reussi à dévenir un Etat de droit  en termes substantiels.
 Alors voilà que, face à ces difficultés presque insurmontables,  la religion  devient et constitue un refuge.  Ce dernier est un trait typique  de l’Islam.  La religion pour un musulman est comme une sorte de grand cuirasse dans laquelle il se refugie et trouve  son bien être.  L’arabe est en premier lieu un musulman et seulement après un citoyen.  Le vrai Islam,  comme toute autre religion monothéiste,  est conciliant, prône la patience , la tolérance, en un mot, le recours à dieu offre au croyant la paix intérieure.
Les tunisiens , les égyptiens vivent donc la religion comme culture identitaire , non comme vision coercitive.  La pratique les apaisent .
 
Un facteur historique déterminant est le role joué par les dictateurs, les régimes  militaires qui ont gérés ces pays . Ils ont été classés et perçus par les peuples comme fantoches des pouvoirs occidentaux.  Exception faite pour Bourguiba qui en Tunisie a entamé un processus de sécularisation qui était du à la volonté d’imprimer au pays une progression violente, une sorte de démarrage puissant, qui en réalité s’est avéré positif pour deux décennies.
Révenant à la sécularisation, dans la culture et perception commune, l’Islam est vécu comme source de moralité et de grande civilisation. Sans vouloir refuser,ou limiter  la contribution de l’Islam à l’évolution de l’humanité,  il faut  souligner que dans les trois derniers siècles la culture islamique a fortement replié sur elle même.
 
La laïcité de ce fait  est considéré et perçu par les islamistes comme un accident.  N’ayant pas vécu la séparation entre Etat et religion , et souvent, au contraire, étant soumis à la “sharia”,  les société arabes n’ont pas intériorisé la dichotomie qui peut y avoir entre société civile et société religieuse.
 
La Laïcité est donc vécue  simplement comme une négation de la religion.  De cela les élites islamiques ont toujours profité, car l’équation pour le peuple est la suivante ,  “une personne cultivée est forcement un bon musulman”.                                         En d’autres termes la culture est islamique,  car ça ne peut pas être autrement!  L’athée est donc vu et perçu comme une personne dépourvue, peu averti ,un pauvre bougre, “une sorte d’ignorant qui n’a pas les moyens de comprendre la complexité, la grandeur de dieu! (sic)  
Voilà l’écart, contrairement à la société occidentale, où en général ce sont les élites , les gens cultivés, qui avancent des propos agnostiques où tout à fait athées.
 
Bien sur , soit en Tunisie, qu’en Egypte existe une société laïque , mais elle est minoritaire  et doit se confronter avec des propos démagogiques . Tout ça pour dire que l’Islam n’est pas simplement une religion. Il offre un support idéologique, une morale , une culture , enfin une identité totale . Les religions chrétienne et catholique avaient ces mêmes caractéristiques jusqu’à la révolution française , avant la période des lumières. Après quoi la séparation entre  fois ,credo personnel, et le contexte de la société civile est devenu courant.
 
Les Pays arabes n’ont jamais connu un tel bouleversement. Il y a,c’est vrai,  des pays arabes où l’Islam est considéré comme une étape, un passage dans le processus de démocratisation ,tel que le Maroc.  Là, la monarchie ,après tant d’années féodales, est en train de gérer “cette passation de pouvoir” entre une noblesse encore traditionaliste et conservatrice et une société urbaine qui veut progresser plus rapidement.
En Egypte malheureusement la situation est opposée. Les attentes du peuple ,l’ignorance, la protestation, la dichotomie entre les mouvements intellectuels de la capitale et le reste du peuple égyptien font la différence.
 
Et cette diversité est en train de creuser un vide….
Il est vrai  que troquer le vote, comme jadis, ne sera plus possible.                          Les élections présidentielles d’il  y a 15 jours , ont montré que chaque vote compte et pèse lourd.  Comme je soulignais dans le blog précédent, les Frères Musulmans ont reçu rien qu’1/8 du vote exprimé. Légèrement moins le candidat du régime.    Les salafites qui voudraient instauré  immédiatement la sharia ont été battus par le vote féminin qui s’est rendu en masse aux urnes.
 
Voici un facteur socio politique primordial de changement que, soit les mouvements séculaires, que les islamistes ont pratiquement ignoré ,où carrement sous évalué.
L’autre moitié du ciel! Incroyable, mais vrai, les femmes, qui dans la societé arabe contemporaine sont de plus en plus presentes et serieusement  intentionnées à participer au processus decisionnel et à la transition vers la démocratie.
Une erreur qui a coute cher et  qui va couter cher.  Ces sont les femmes qui ont voté en masse contre les mouvements fondamentalistes et salafites.
La répartition du vote du premier tour des éléctions présidentielles met en évidence la contribution détérminante du vote féminin au résultat de Shafiq, l’ex premier ministre de Moubarak.
 
La raison est évidente ; la condition que l’idéologie fondamentaliste réserve à la condition féminine……Nulle!  Soit sur le plan juridique, que de la participation active.
Les societé arabes restent encore fermées, isolées,  par rapport à la contribution feminine à la vie sociale et politique.  Aucun progrès est possible si la moitié de la population reste à l’écart.
 
Il est fort probable que le mouvement des Frères Musulmans et leur candidat, Mohamed Morsi, puissent remporter le ballottage de dimanche,  à la lumière des évenements récents . Mais une fois qui devront s’attaquer aux vrais problèmes du pays et non seulement négocier avec les militaires , ils vont, sans aucun doute, perdre le crédit accumulé. 
 

La démocratie , l’Etat de droit, ne se réalisent pas par décret. De notre coté , les occidentaux devraient accompagner la transition de ces pays. Faire progresser leur économies, qui ne demande autre que participer à la croissance mondiale. Ces sont les conditions économiques qui tiennent ces peuples otages d’eux mêmes .             Les jeunes arabes ne demandent que du travail . Il n’y aura pas de futur pour ces pays autant qu’il n’y aura pas de travail .  La religion n’est qu’un recours devant le néant.

Bonne vie à tous mes amis

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2 risposte a L’ISLAM ET LES REVOLTES

  1. icittadiniprimaditutto ha detto:

    Reblogged this on i cittadini prima di tutto.

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  2. icittadiniprimaditutto ha detto:

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