TUNISIE, ABSENCE D’UN VRAI DEBAT!


View of the huge marble courtyard of the Great...

Image via Wikipedia

 

Suivant le débat qui est en train de se produire en Tunisie sur plusieurs thèmes et aspects futurs de la vie politique, on a souvent , en tant qu’observateurs étrangers, une sensation de désarroi. En premier lieu on constate que les media semblent totalement être à coté de la plaque. J’entends par là le fait que les contenus,les phrases, les considérations sont exactement les mêmes de jadis .
Ceux qui faisaient l’éloge de Ben Ali ,sont les mêmes tètes, qu’ aujourd’hui lancent des fleurs sur la révolution.
Ce qui, en toute sincérité, je trouve aberrant.

Cela me rappelle une boutade d’un écrivain italien, Curzio Malaparte, qui considérant l’attitude du peuple italien envers le pouvoir, affirmait qu’il sautait toujours sur le char du vainqueur…Bien je crois qu’on pourrait traduire cela plus au moins en tunisien : “Eddenia maa il Wakif”, la vie est avec ceux qui restent debout ! Et donc il semble que les media se tiennent à cette règle. Avec l’excuse de vouloir ressembler à des observateurs détachés et objectifs il ne veulent surtout pas se mêler, prendre une position nette,  partager en un sens ,ou autre,  les affaires du pays  dans un moment si important de transition .

Il faudrait, bien au contraire, que la politique qui est d’abord passion, et seulement après réflexion, puisse pousser au débat ,faire apparaitre à la surface les factions, les divergences, les différences, pour montrer au peuple, aux citoyens qui seront après appeler à choisir les vrais enjeux qui ont devant eux.

A’  mon avis autant que le manque de confiance de la part des tunisiens vis à vis du pouvoir  sera evident, le probleme restera sur le terrain. Autant que le gouvernement donnera la perception de vouloir prendre soin des citoyens sans leur demander la permission à l’avance, il sera difficile de pratiquer une vrai démocratie.

Le seul moyen qui reste est donc de solliciter la participation ,de redonner dignité à la cause politique, afin de réduire la séparation entre Etat ,institutions publiques, et citoyen.
Pour cela il faudra aussi s’attaquer à la corruption systémique  et généralisée qui continue à jouer un rôle déterminant dans les décisions économiques d’envergure.

Autant que les tunisiens se questionneront par rapport à l’honnêteté intellectuelle  des leurs media, de l’impartialité de l’Etat,  du système judiciaire ,  on ne réussira pas à tourner le cap. Récemment j’ai eu le plaisir de raisonner avec un grand ami qui me soumettait, sous forme de projet, une vision partielle de ce qui devrait devenir  une proposition constitutionnelle de son parti.  J’ai lu et apporté mes propres considérations en  matière juridique concernant les équilibres internes relatifs au fonctionnement de la machine étatique ,de la séparation nette qui doit y avoir entre les diverses institutions et surtout à l’économie d’exercise de ces dernières. Tout en essayant de réduire et limiter  au maximum les commissions et appareils appelés à intervenir dans le  processus décisionnel. Mais, et c’est bien là le point , de toute cette discussion et débats internes à chaque formation ,rien absolument  rien apparait sur les media .

Même constatation en ce qui concerne  les mouvements politiques! Mais comment  est-il possible ,  il y a à peu près 90 formations qui  se présenteront aux élections del l’Assemblée  et aucune a médiatisé, publié , communiqué sa vision,  sa conception de la nouvelle forme politique -économique qu’entends donner au pays? Je trouve cela outrageux.

Non seulement du point de vue évolutif de ces meme formations, car s’il n’y a pas un vrai débat interne et ouvert au public ,il ne seront jamais en mesure de devenir de  vrai parti politiques . Ils resteront des fiefs des notables!  Otages du système des rélations .  On souhaite  se présenter au peuple pour lui demander le pouvoir de délégation sans lui dire ce qu’on veut faire avec son vote.   Veut on continuer à faire survivre le régime? Non, il faut qu’il y ait une rupture nette entre un système disqualifié et illégitime et la nouvelle Tunisie.

 Les élections pour la Constituante  ne représentent   qu’un élément. Fondamentale, centrale, certes ,mais il faut surtout que la légitimité, la participation et la passion soient  construites autour d’un projet clair!  Or, afin  que le peuple puisse choisir il faut lui soumettre des alternatives . Il faut qu’il puisse comprendre les choix politiques et économiques  , les diverses réformes qui devraient aider  le pays à sortir de l’impasse actuel.

Les prochaines trois années soyons franc et honnêtes, seront très dures! On devra demander aux tunisiens des sacrifices. On ne fait pas de réformes sans argent . Mais certainement on ne les réalisent pas sans la participation et l’accord du peuple. Et alors vu qu’on a voulu à tout prix rétarder ces élections en déclarant que le lapse de temps n’était pas suffisant pour les organiser, c’est aux partis politiques , au gouvernement, qui est là ,rien que pour ça , aux leaders politiques finalement, de profiter  de ces trois mois pour faire connaitre aux citoyens tunisiens leur projets, leur vision, leur stratégies.

Le nombre atteint par les formations politiques qui vont se présenter, engendre  une confusion qui certainement n’aide pas les tunisiens .La pléthore des mouvements politiques risque de se transformer en un boomerang pour la vrai démocratie du pays.  L’atomisation des formations doit être dépassée. Par la formation de groupes d’appartenance idéologique en mesure d’acquérir une plus grande visibilité et mettre en évidence leur diversité.Le choix impliquera non seulement la typologie de la structure qu’on donnera à l’Etat, mais surtout  la nature même  du rapport entre citoyen et institutions, entre citoyen et élus.

Or, c’est bien dans la légitimité de cette dernière relation qui va s’établir le fondement de la démocratie , la confiance! Les élus parleront au nom du peuple , mais il faut que leur responsabilité et mandat soit au dessous de tout soupçon. Et là, encore une fois, le rôle de la leadership politique est en cause .
Le processus décisionnel à l’intérieur de chaque formations politique et de l’entier  système  doit être mis à l’abri du lobbysme pratiqué par le pouvoir et le système familiste trop étendu dans le pays. Et donc on devra mettre sur pied des règles précises qui puissent contrecarrer ,en les réglementant, les relations entre pouvoir publique et associations, ou groupes de pouvoir.

J’ai lu avec intérêt l’intervention de Mr. Ben Mrad ,professeur de droit constitutionnel, sur le thème “Constitution et Economie: quels principes constitusionnels et économiques”, tenu au Centre d’Etudes Economique et organisé par l’Institut Arabe des chefs d’entreprise. Certainement un étude de poids qui confirme comme l’évolution économique d’un pays soit strictement liée à la squelette juridique et aux principes économique qui sont à sa base . Sans vouloir commenter l’œuvre dans mon blog,  je me permet de souligner l’importance qui réside entre ce qu’on appelle la constitution formelle et la constitution matérielle.  J’entends par là les divergences qui peuvent venir à la surface si la théorie juridique ne s’accompagne pas d’une vision réaliste et pragmatique du comportement relationnel du système qui doit gérer et du comportement ethique des citoyens.

L’exemple de la réglementation juridique des relations des lobbies en est une preuve. Il faut actualiser les principes et les régles, afin que l’équilibre entre bien publique et intérêt privé soit maintenu et sauvegardé.

Donc discuter , débattre ,mais sans oublier ce principe fondamentale. Le risque étant celui de formuler et approuvé les plus belles lois du monde dans un contexte qui n’en observe aucune.

Bonne vie à tous

Mi scuso con i miei lettori italiani,ma di tanto in tanto sento il dovere di rivolgermi ai miei amici tunisini in una lingua a loro più consona. In sintesi questo blog vuole porre in risalto alcune contraddizioni e mancanze che si riscontrano a livello politico e mediatico. Specificatamente l’assenza di un vero dibattito sui media tunisini dei programmi e progetti politici della pletora di formazioni politiche che si presenteranno il 23 Ottobre alle elezioni per la Costituente. L’asservimento ad un certo modo di relazionare e rapportare gli avvenimenti da parte dei giornalisti tunisini ,tutti più ,o meno legati ai centri di potere precedenti ed incapaci di fare il salto di qualità da stampa  di regime a stampa libera. Un passaggio che tarda a manifestarsi e che rischia di avere conseguenze nefaste sul cammino della democrazia.

 

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JOHNS HOPKINS UNIVERSITY - MANY DIFFERENT LIVES- MORE THAN HALF SPENT ABROAD- CRITIC OF THE NOWADAYS ITALIAN WAY OF THINKING NEVERTHLESS OPTIMISTIC ! Leggete, il quotidiano del blog "free": "The exult49 Daily". www.paper.li/exult168/131966546
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